Toute la vie est un yoga. Par ce yoga intégral, nous ne cherchons pas seulement l'Infini: nous appelons l'Infini à se révéler lui-même dans la vie humaine. Sri Aurobindo SRI AUROBINDO - YOGA INTEGRAL: 2011

SRI AUROBINDO
. . YOGA INTÉGRAL


Les négations de Dieu sont aussi utiles pour nous que Ses affirmations. Sri Aurobindo
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C'est le Supramental qu'il nous faut faire descendre, manifester, réaliser.

LA MANIFESTATION SUPRAMENTALE

LA MANIFESTATION SUPRAMENTALE SUR LA TERRE
 SRI AUROBINDO-Pondichéry,1950

LE SUPRAMENTAL ET LE MENTAL DE LUMIÈRE



CHAPITRE VII :
LE SUPRAMENTAL ET LE MENTAL DE LUMIÈRE
Le Supramental se caractérise essentiellement par une Conscience-de-Vérité qui sait du fait même de sa nature et de par sa propre lumière - il n'a pas besoin d'arriver à la connaissance : il la possède. Certes, dans son fonctionnement évolutif surtout, il se peut qu'il garde sa connaissance à l'arrière-plan de sa conscience apparente et qu'il la tire au premier plan comme de derrière un voile mais, même alors, ce voile n'est qu'une apparence et n'existe pas vraiment : la connaissance était toujours là; la conscience la possédait et maintenant la révèle. Et encore ceci n'est-il vrai que dans le jeu évolutif, car, sur le plan supramental lui-même, la conscience vit toujours dans la connaissance immédiate et agit directement par cette connaissance immédiate. Dans le mental tel que nous le voyons ici, le fonctionnement est très différent; il part d'une apparente absence de connaissance, de ce qui semble être une ignorance, une nescience, et même, dans la Nature matérielle, d'une inconscience où nulle sorte de connaissance ne semble pouvoir exister. Il arrive à la connaissance ou au mécanisme de la connaissance par des étapes qui ne sont pas du tout immédiates; au contraire, la connaissance semble tout d'abord tout à fait impossible et étrangère à la substance même de cette matière. Pourtant, même dans l'aveuglement de la matière, il existe des signes d'une conscience cachée qui, fondamentalement, dans son essence secrète, voit et a le pouvoir d'agir selon sa vision et même avec une infaillibilité immédiate inhérente à sa nature. C'est cette même Vérité qui devient visible dans le Supramental, mais qui, ici, est cachée et semble ne pas être. Le Mental de Lumière est un fonctionnement subordonné du Supramental et il dépend de lui, même quand, apparemment, il ne semble pas jaillir directement de lui - c'est avec lui que devient évident et palpable le secret du lien entre les deux.
La Conscience-de-Vérité n'est pas simplement un pouvoir de connaissance : c'est un être de conscience et de connaissance, un dynamisme aux multiples facettes, une action lumineuse de l'Esprit omniscient; dans cette Conscience, il peut exister des sentiments spirituels, des sensations spirituelles, une substance d'essence spirituelle qui sait et qui révèle, qui agit et manifeste avec une omniscience inséparable de l'omnipotence. Dans le Mental, cette Conscience-de-Vérité et le
fonctionnement de cette Conscience-de-Vérité peuvent exister, et, bien que là elle se limite et fonctionne d'une façon subordonnée ou indirecte, son action peut être essentiellement la même. On peut même retrouver dans le Mental une sorte d'immédiateté cachée qui suggère la présence d'un absolu et témoigne de la même omnipotence et de la même omniscience. Dans le Mental de Lumière, quand il est parvenu à sa pleine maturité, ces mêmes caractéristiques de Vérité se révèlent, bien qu'à travers un vêtement transparent même quand il semble couvrir, car le Mental de Lumière est aussi une conscience-de-vérité, un pouvoir spontané de connaissance. Il procède aussi du Supramental et dépend de lui, encore qu'il soit limité et subordonné. Ce que nous avons appelé spécifiquement le "Mental de Lumière" est en fait le dernier d'une série de plans de conscience descendants où le Supramental se voile en se limitant volontairement ou en atténuant les activités qui le manifestent, mais son caractère essentiel reste le même : c'est un fonctionnement de lumière, de vérité, de connaissance, dans lequel l'inconscience, l'ignorance et l'erreur ne peuvent prétendre à aucune place. Il va de connaissance en connaissance : nous n'avons pas encore franchi la frontière de la vérité-consciente pour entrer dans l'ignorance. Les méthodes aussi témoignent d'une vision, d'une façon de sentir, d'un savoir spontanément lumineux et d'une action qui s'exécute automatiquement au sein de ses propres frontières; il n'est nul besoin d'aller à la recherche de quelque chose qui manque, nul tâtonnement, nulle hésitation : tout est encore le fonctionnement gnostique d'un pouvoir et d'un principe gnostiques. Certes, il y a eu descente depuis le Supramental pur jusque dans le Mental, mais ce Mental, bien que de conscience limitée, n'est pas encore une conscience "agnostique" et incertaine d'elle-même ou incertaine de son fonctionnement; c'est encore une conscience englobante ou pénétrante qui va droit à son objet sans manquer son but ni avoir besoin d'aller à sa poursuite dans l'obscurité ou dans une lumière insuffisante : elle voit, elle sait, elle pose immédiatement sa main sur ce qui vient de l'être ou de la Nature. Nous sommes passés dans le Mental, mais le Mental n'a pas encore rompu son lien inhérent avec le principe supramental.
Cependant, une auto-limitation grandissante commence dès le Surmental : le Surmental(1) est seulement séparé de la pleine lumière et du pouvoir entier de la Vérité supramentale par une frontière lumineuse et il dispose encore d'un accès direct à tout ce que le Supramental peut lui donner. À chaque degré de la descente - du Surmental à l'Intuition, de l'Intuition au Mental Illuminé, du Mental Illuminé à ce que j'ai appelé le Mental Supérieur -, nous trouvons une limitation de plus ou une altération de plus dans le caractère du fonctionnement : le Mental de Lumière est un passage de transition par lequel nous pouvons passer du supramental et de la surhumanité à une humanité illuminée. Car l'humanité nouvelle sera capable d'une façon de voir et de vivre qui sera pour le moins partiellement divinisée puisqu'elle vivra dans la lumière et dans la connaissance au lieu de vivre dans l'obscurcissement de l'Ignorance.
Néanmoins, il existera encore une différence entre le surhumain et l'humain, une différence de nature et de pouvoir, mais surtout une différence dans l'accès, dans la manière d'entrer dans la Conscience-de-Vérité et dans ses activités - en fait, il existe deux ordres dans cette vérité l'un direct et l'autre semi-direct, l'un immédiat et l'autre proche ou même recevant seulement à distance. Mais
nous y reviendrons plus tard; pour le moment, contentons-nous de noter certaines différences dans l'ordre descendant du mental gnostique qui aboutit au Mental de Lumière. Nous pouvons dire qu'il existe un hémisphère supérieur de notre être où le Mental - lumineux et conscient de son fonctionnement - vit encore dans la Lumière et est visiblement un pouvoir subordonné du Supramental : c'est encore un agent de la Conscience-de-Vérité, un pouvoir gnostique qui n'est pas descendu dans l'ignorance mentale; il est capable d'une gnose mentale qui garde son lien avec la lumière supérieure et agit par son pouvoir. Tel est le caractère du Surmental sur son propre plan et de tous les pouvoirs qui dépendent du Surmental : le Supramental agit là, mais à une distance, comme s'il oeuvrait dans quelque chose qu'il avait émané de lui-même mais qui n'était plus entièrement lui-même, bien que cela reste encore un délégué de la Vérité et investi de son autorité. Nous nous approchons d'une frontière de transition après laquelle se trouve la possibilité de l'Ignorance, mais l'Ignorance n'est pas encore là. Dans l'ordre de la descente évolutive, le Mental de Lumière se situe à cette frontière; un pas de plus vers le bas et nous passons dans le commencement d'une ignorance qui porte encore sur son visage un certain reflet de la luminosité qu'elle laisse derrière elle. Vu de l'autre côté, dans l'ordre ascendant de l'évolution, nous arrivons à une transition où nous voyons la lumière, nous sommes tournés vers elle et elle se réfléchit dans notre conscience; un pas de plus vers le haut et nous passons dans le domaine de la Lumière. La Vérité devient visible et audible pour nous, nous sommes en communication immédiate avec ses messages et ses illuminations, nous pouvons devenir ce qu'elle est et faire corps avec sa substance. Ainsi existe-t-il une succession de niveaux de conscience que nous pouvons appeler "le Mental", mais qui, pratiquement, appartiennent à l'hémisphère supérieur, quoique leur position ontologique se situe dans le domaine de l'hémisphère inférieur. Car l'ensemble de l'être forme un tout homogène et il n'existe pas de passage abrupt du principe de Vérité et de lumière au principe contraire. La vérité créatrice des choses oeuvre et peut oeuvrer infailliblement même dans l'Inconscient : l'Esprit est présent dans la matière et il a formé une série d'échelons par lesquels il peut circuler depuis le bas jusqu'à ses propres cimes suivant une série de degrés ininterrompue - les profondeurs sont liées aux hauteurs et la Loi de l'unique Vérité crée et agit partout.
Même en ce monde matériel, qui nous semble un monde d'ignorance, un monde où travaille une Force aveugle, inconsciente, qui part de l'inconscience et chemine dans l'Ignorance pour parvenir péniblement à une Lumière et à une Connaissance imparfaites, il existe cependant une Vérité cachée au fond des choses, qui arrange tout, qui guide d'innombrables pouvoirs d'être contradictoires vers le Moi et s'élève vers ses propres hauteurs où elle manifeste sa vérité suprême et accomplit le dessein secret de l'univers. Même ce monde d'existence matérielle est bâti suivant un plan de vérité dans les choses - que nous appelons les "Lois de la Nature" - et de cette vérité, nous grimpons vers une vérité plus haute, jusqu'au moment où nous émergeons dans la Lumière du Suprême. Ce monde n'est pas vraiment construit par une force aveugle de la Nature : même dans l'Inconscient, la présence de la Vérité suprême est à l'oeuvre; derrière l'Inconscient existe un Pouvoir qui voit et qui agit infailliblement, et les pas de l'Ignorance sont guidés même quand ils semblent trébucher; car, ce que nous appelons l'"ignorance'' est une Connaissance déguisée, une
Connaissance qui oeuvre dans un corps qui n'est pas le sien mais qui s'avance à sa propre découverte suprême. Cette Connaissance, c'est le Supramental caché, le Supramental qui est le support de la création et qui conduit tout vers lui-même, qui guide par derrière cette multitude de mentalités et de créatures et d'objets dont chacun semble suivre sa propre loi naturelle; dans cette énorme masse d'existence apparemment confuse, il existe une loi, une unique vérité d'être, un dessein qui guide et accomplit l'existence du monde. Le Supramental est voilé ici-bas et n'agit pas selon la loi caractéristique de son être et de sa connaissance, mais, sans lui, rien ne saurait arriver à son but. Un monde gouverné par un mental ignorant se perdrait bientôt dans le chaos; en fait, il ne pourrait ni naître ni continuer d'exister s'il n'était soutenu par la secrète Omniscience dont il est un masque; un monde gouverné par une force aveugle et inconsciente pourrait, peut-être, répéter sans fin les mêmes activités mécaniques, mais il n'aurait aucun sens et n'arriverait nulle part. Une force inconsciente ne peut pas être la cause d'une évolution qui crée la Vie à partir de la Matière, le Mental à partir de la Vie, et la gradation des plans de la Matière, de la Vie et du Mental aboutissant à l'émergence du Supramental. La vérité cachée qui émerge dans le Supramental était là, tout le temps, mais maintenant elle se manifeste, et elle manifeste en même temps la vérité au fond des choses et le sens de notre existence.
C'est dans cette série d'ordres d'existence et comme le dernier mot de l'hémisphère inférieur de l'être, comme le premier mot de l'hémisphère supérieur, que nous devons envisager le Mental de Lumière et voir sa nature, les pouvoirs qui le caractérisent et qu'il utilise pour se manifester et agir, son lien avec le Supramental et ses conséquences, ses possibilités pour la vie d'une humanité nouvelle.

Novembre 1950

(1) Selon Sri Aurobindo, le Surmental (à ne pas confondre avec le Supramental) est le sommet de l'échelle mentale. C'est le monde des dieux, celui qui a inspiré tous les génies et les prophètes de l'humanité et, en fait, a gouverné le monde jusqu'à cette nouvelle ère supramentale, surhumaine, annoncée par Sri Aurobindo.

Source: SHRI AUROBINDO, La manifestation supramentale sur la Terre, traduit de l'anglais par LA MÈRE, Éditions Sri Aurobindo Ashram, Pondichéry, 1974, 2e édition, pp. 147-156.

KRISHNA ET SRI AUROBINDO


«Sri Krishna m'a montré le vrai sens des Védas...
Il m'a aussi montré le sens de tout ce qui dans les Oupanishads, n'est compris ni par les Indiens ni par les Européens.»
(d'après:Sri Aurobindo For All Ages, A Biography, par Nirodbaran, p143).

« Krishna est ici à l’Ashram et c’est son travail qui est fait ici. Si vous pouvez vous donner à lui, vous pouvez vous donner à moi. »
Sri Aurobindo, On Himself.

« Quant à Krishna, pourquoi ne pas s’en approcher simplement et directement ? L’approche simple signifie confiance. Si vous priez, ayez confiance qu’il vous entend. Si la réponse met longtemps à venir, ayez confiance qu’il sait et qu’il aime et qu’il choisit le moment avec la plus grande sagesse. En attendant, déblayez le terrain pour qu’il ne bute pas sur des pierres et des branches quand il viendra.
(…)
Poursuivez Krishna, bien sûr mais poursuivez-le avec la décision de l’atteindre. »

« Krishna est un être, une personne, et c’est comme Personne divine que nous le rencontrons, que nous entendons sa voix, que nous parlons avec lui, que nous sentons sa présence. Ce qui compte, c’est le contact avec Krishna et la croissance vers la conscience krishnaïque, la présence, le rapport spirituel, l’union dans l’âme et, jusqu’à ce que cela soit atteint, l’aspiration, la croissance en bhakti et toute l’illumination que l’on peut attraper en cours de route .»

« Quelle valeurs peuvent avoir des idées mentales sur le Divin, des idées sur ce qu'il doit être et comment il doit agir et comment il ne doit pas agir? Tout cela ne peut que se mettre en travers. Le Divin seul compte. Lorsque votre conscience embrassera le Divin, alors vous pourrez savoir ce que le Divin est, mais pas auparavant. Krishna est Krishna; on ne se soucie pas de savoir ce qu'il a fait ou n'a pas fait. La seule chose qui compte, c'est de le voir, de le rencontrer, de sentir la lumière, la présence, l'amour et l'ânanda. Il en est toujours ainsi de l'aspiration spirituelle; c'est la loi de la vie spirituelle .»
Sri Aurobindo, Lettres sur le yoga II.

« Lorsque l'ânanda vient en vous, c'est le Divin qui entre en vous, tout comme lorsque la paix s'écoule en vous, c'est le divin qui vous envahit, ou lorsque vous êtes inondé de lumière, c'est le flot du Divin  lui-même qui vous enveloppe. Naturellement, le Divin est beaucoup plus, il est encore beaucoup d'autres choses, et en elles toutes sont une Présence, un Etre, une Personne divine. Car le Divin est Krishna, il est Shiva, il est la Mère suprême. Mais à travers l'ânanda vous pouvez percevoir l'ânadamaya Krishna, car l'ânanda  est le corps et l'être subtils de Krishna, à travers la paix vous pouvez percevoir le shântimaya Shiva; dans la lumière, dans la connaissance libératrice, dans l'amour, dans la connaissance libératrice, dans l'amour, dans la puissance accomplissante et élévatrice vous pouvez trouver la présence de la Mère divine. C'est cette perception qui met un tel ravissement dans les expériences des bhaktas et des mystiques et qui leur permet de traverser plus facilement les nuits d'angoisse et de séparation. Quand il y a cette perception de l'âme, elle donne un ânanda, même petit ou bref, une force ou une valeur qu'autrement il ne pourrait y avoir, et l'ânanda acquiert par là un pouvoir croissant de rester, de revenir, d'augmenter.»
Sri Aurobindo, Lettres sur le yoga II.

«[...] Ici nous parlons de la lumière de Krishna, la lumière de Krishna dans le mental, la lumière de Krishna dans le vital, etc. Mais c'est une lumière spéciale. Dans le mental elle amène la clarté et libère de l'obscurité et de l'erreur et de la perversion mentales; dans le vital elle déblaie toute matière dangereuse. Là où elle se trouve il y a un bonheur et une joie purs et divins. Mais pourquoi insister sur une chose seulement en excluant toutes les autres? Que ce soit par la bhakti ou par la lumière ou par l’ânanda ou par la paix ou par n'importe quel autre moyen qu'on obtienne la réalisation initiale du Divin, ce qui importe, c'est de l'avoir, et tous les moyens qui la procurent sont bons.
Si c'est sur la bhakti que l'on insiste, c'est par la bhakti qu'elle vient, et dans sa plénitude la bhakti n'est rien qu'un total don de soi. Mais toute méditation, tout tapasya, tout mode de prière ou de mantra doivent avoir cela pour but. C'est lorsqu'on a suffisamment progressé en cela que la Grâce divine descend et que la réalisation arrive et se développe jusqu'à ce qu'elle soit complète. Mais le moment de sa venue est choisi par la seule sagesse du Divin et il faut avoir la force de continuer jusqu'à ce qu'elle arrive, car lorsque tout est vraiment prêt elle ne peut manquer de venir .»
Sri Aurobindo, Lettres sur le yoga II

«Mon yoga peut bien comprendre, en fait, une expérience complète des autres mondes, du plan de l'Esprit suprême, des autres plans intermédiaires et de leurs effets possibles sur notre vie et sur le monde matériel, mais il serait tout à fait possible d’insister seulement sur la réalisation de l'Etre suprême ou d'Ishvara, même sous un seul aspect, Shiva ou Krishna en tant que Seigneur de l'univers et maître de nous-même et de nos oeuvres, ou encore du Sachidânanda universel, et de parvenir aux résultats essentiels de ce yoga, et par la suite de s'en servir comme point de départ pour atteindre aux résultats intégraux si l'on accepte l'idéal de la vie divine et de la conquête de ce monde matériel par l'Esprit. »
Sri Aurobindo, Lettres sur le yoga III

« J'ai fait du prânayâma quatre ou cinq heures par jours pendant plusieurs années avant que quoi que ce soit descende...Le flot poétique est bien arrivé pendant que je faisais ce prânayâma, et non pas quelques années plus tard, mais le flot d'expériences spirituelles est descendu quelques années plus tard, alors que j'avais cessé le prânayâma depuis longtemps; tous mes effort avaient échoué et je ne savais pas quoi faire ni où me tourner. Et ces expériences ne sont pas venues comme résultat d'année de prânayâma ou de concentration, mais d'une façon ridiculement facile, par la grâce soit d'un gourou temporaire (même pas, car lui-même en fût stupéfait), soit du Brahman éternel, et ensuite par la grâce de Mahakali et de Krishna .»
Sri Aurobindo, On Himself.

« Le sudarshana chakra symbolise l'action de la force de Srî Krishna.»
Sri Aurobindo, Lettres sur le yoga III.

« Le bleu pâle est la lumière de Sri Aurobindo ou la lumière de Krishna.»
Sri Aurobindo, On Himself.

«Il n'y a pas de différence entre moi et Krishna.» Sri Aurobindo.

Champaklal, Champaklal speaks, 12.

« La conscience krishnaïque est une réalité, mais s'il n'y avait pas de Krishna, il ne pourrait y avoir de conscience krishnaïque.»
Sri Aurobindo, Lettres sur le yoga I


«[...] Même la voie de la bhakti, que l'on dit la plus facile, est pleine des lamentations des bhaktas qui se plaignent parce que le bien aimé leur échappe quand ils l'appellent, que le lieu de rendez-vous est préparé, mais que même Krishna ne s'y rend pas à ce moment-là. Même s'ils ont la joie d'un bref aperçu ou la passion du milana, c'est suivi de longues périodes de viraha. c'est une erreur de croire qu'il existe un chemin facile de yoga, une route royale ou un raccourci qui mène au Divin, ou qu'il peut y avoir un "yoga pour tous" ou un "yoga sans larmes", comme il existe des méthodes "Le français pour tous" ou "Le français sans larmes" [...] .»
Sri Aurobindo, Lettres sur le yoga I

«[...] la grâce de Krishna appelle qui elle veut appeler, sans aucune raison déterminée par son choix ou son rejet: tout se fait selon son gré - ou alors il appelle les coeurs qui sont prêts à vibrer et à bondir à son appel, et même alors il attend que le moment vienne. Il est certainement vrai de dire que cela ne dépend pas du mérite extérieur ou d'une préparation apparente. Ce qui était prêt à s'éveiller, en dépit peut-être de beaucoup de croûtes durcies qui l'enveloppaient, pouvait être une chose visible pour Krishna, mais non pour nous [...] .»
Sri Aurobindo, Lettres sur le yoga II

«[...] Et si Krishna ne désirait pas le bhakta humain tout autant que le bhakta le désire, qui parviendrait à lui?»
Sri Aurobindo, Lettres sur le yoga II

« Transforme l’animal en le conducteur des troupeaux ; que tout en toi soi Krishna. Tel est  ton but. »
Sri Aurobindo, Aperçus et pensées, le but.


 « Quand je vis en Krishna, l’ego et l’égoïsme
disparaissent ; alors Dieu seul lui-même peut
juger de mon amour sans fond et sans limite.»

« Quand on vit en Krishna, même l’inimitié devient
un jeu de l’amour et une lutte entre frères.»


«Les divergences d'opinion sur Krishna entre Shankara et Râmanuja d'une part et Chaïtanya de l'autre proviennent de l'orientation prise par leurs expériences. Pour les pre­miers Krishna n'était qu'un aspect de Vishnou, parce que cette forme extatique d'amour et de bhakti qui s'était asso­ciée à Krishna n'était pas pour eux le tout. La Gîtâ, comme Chaïtanya, mais d'un point de vue différent, considère Krishna comme le Divin lui-même. Pour Chaïtanya il était Amour et Ananda, et puisqu'Amour et Ananda consti­tuaient pour lui la plus haute expérience transcendantale, Krishna devait aussi être le Suprême. Pour celui qui com­posa la Gîtâ, Krishna était la source de Connaissance et de Puissance aussi bien que d'Amour ; il était le Destructeur, Conservateur, Créateur en une seule personne et, par suite, nécessairement Vishnou n'était qu'un aspect de cet universel Divin. Il est vrai que dans le Mahâbhârata Krishna se pré­sente comme une incarnation de Vishnou, mais on peut tourner la difficulté en admettant qu'il se manifestait avec pour face apparente l'aspect vishnouïque. Si nous considé­rons la manifestation comme progressive, il est logique en effet que le Divin supérieur puisse se manifester plus tard que les autres — tout comme dans le Véda Vishnou est un cadet d'Indra, Upendra, mais dépasse son aîné et finit par prendre place au-dessus de lui dans la Trimûrtî. Je ne peux pas dire grand-chose sur la conception vish­nouïte de la forme de Krishna. La forme est le moyen fon­damental de manifestation et l'on peut dire que sans elle la manifestation de rien n'est complète. Même si le Sans-forme précède logiquement la Forme, il n'est pourtant pas illogique de supposer que dans le Sans-forme la Forme est inhérente et existe déjà dans un état latent mystique. Sans quoi, comment pourrait-elle se manifester ? Tout autre pro­cessus serait création du non-existant, et non pas manifesta­tion. Si tel est le cas, il serait tout aussi logique de supposer qu'il existe une forme éternelle de Krishna, un corps-esprit. Quant à la Réalité suprême, elle est certainement l'Existence absolue, mais n'est-elle que cela ? Comme abstraction, l'Existence absolue peut exclure d'elle-même toute autre chose, et correspondre à une sorte de zéro très positif ; mais si l'on envisage l'Existence absolue comme réalité, qui la définira ? Qui dira ce qui est et ce qui n'est pas dans ses inconcevables profondeurs, dans son illimitable Mystère ? Ordinairement le mental ne peut concevoir l'Existence abso­lue que comme une négation de ses propres concepts spa­tiaux, temporels ou autres. Mais il ne peut dire ce qui est la base de la manifestation ou ce qu'est la manifestation ou pourquoi s'est manifesté quoi que ce soit hors de son zéro positif. Or pour les vishnouïtes, il ne faut pas l'oublier, cette conception n'est pas la vérité absolue et originelle du Divin. Il n'est donc pas rigoureusement impossible que ce que nous concevons et percevons comme forme spatiale puisse correspondre à quelque pouvoir de l'Absolu a-spatial.» 
Sri Aurobindo, Lettres sur le yoga I. 


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