Toute la vie est un yoga. Par ce yoga intégral, nous ne cherchons pas seulement l'Infini: nous appelons l'Infini à se révéler lui-même dans la vie humaine. Sri Aurobindo SRI AUROBINDO - YOGA INTEGRAL: octobre 2014

SRI AUROBINDO
. . YOGA INTÉGRAL


Les négations de Dieu sont aussi utiles pour nous que Ses affirmations. Sri Aurobindo
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C'est le Supramental qu'il nous faut faire descendre, manifester, réaliser.

L'idée d'une transformation du corps

«... Bien que Saint Paul ait eu de remarquables expériences mystiques et certainement une très profonde connaissance spirituelle (profonde plutôt que large, je crois), je ne jurerais pas qu'il se réfère ici (1) à un corps supramentalisé (un corps PHYSIQUE supramentalisé). Peut-être se réfère-t-il au corps supramental ou à quelque autre corps lumineux, dans leur propre sphère et dans leur propre substance originales, qu'il sentait parfois l'envelopper et abolir ce corps de mort qu'était pour lui l'enveloppe matérielle. Ce verset, comme beaucoup d'autres, est susceptible de plusieurs interprétations et pourrait se référer à une expérience purement supraphysique. L'idée d'une transformation du corps se retrouve en diverses traditions, mais je n'ai jamais été tout à fait sûr qu'il s'agissait d'un changement dans cette matière même. Il y avait un yogi dans notre région, il y a quelque temps, qui l'enseignait, mais il espérait disparaître dans la lumière quand le changement serait complet. Les Vichnouites aussi parlent d'un corps divin qui remplacera celui-ci une fois que la «siddhi» (réalisation) sera complète. Mais encore une fois, s'agit-il d'un corps divin physique ou supraphysique? Quoi qu'il en soit, rien n'empêche de supposer que toutes ces idées, ces intuitions, ces expériences, annoncent la transformation physique, même si elles ne la dénotent pas exactement.»

Sri Aurobindo, 24 décembre 1930

 (1). «Le corruptible doit revêtir l'incorruption et le mortel doit revêtir l'immortalité. Quand le corruptible aura revêtu l'incorruption et quand le mortel aura revêtu l'immortalité, alors s'accomplira ce qui est écrit: La mort est engloutie dans la victoire.» (I Corinthiens 53-54)



Lettre inédite de Sri Aurobindo 

L'évolution de la Vie dans la matière


L'évolution de la Vie dans la matière implique une involution préalable de la Vie dans la matière, à moins que nous ne supposions que la Vie est une création nouvelle introduite en la Nature par magie inexplicablement. Dans ce cas, il faudrait qu'elle fût : ou bien une création sortie de rien, ou bien un résultat d'opérations matérielles dont rien ne rend compte — rien qui appartient à ces opérations elles-mêmes, ni à aucun de leurs éléments qui soient de nature analogue ; ou encore, comme on peut aussi le concevoir, elle pourrait être une descente d'en haut, de quelque plan supraphysique au-dessus de l'univers matériel. Les deux premières suppositions peuvent être écartées comme des conceptions arbitraires ; la dernière explication est plausible : il est parfaitement concevable — et même, si l'on envisage les choses du point de vue occulte, il est parfaitement vrai — qu'une pression venue de quelque plan de Vie supérieur au monde matériel ait aidé à l'émergence de la vie dans notre univers. Mais cela n'exclut pas que le mouvement premier et nécessaire ne doive être l'émergence de la Vie hors de la Matière même ; car l'existence d'un monde de Vie ou d'un plan de Vie supérieurs au monde matériel ne conduit pas de soi-même à l'émergence de la Vie dans la matière, à moins que ce plan de Vie n'existe comme un stade créateur de formes dans une descente de l'Être en l'Inconscience par plusieurs degrés ou pouvoirs de lui-même, avec ce résultat qu'il s'involue de lui-même, avec tous ces pouvoirs, dans la Matière, en vue d'une évolution, d'une émergence ultérieures. Que les signes de cette vie submergée soient découvrables, non organisés encore ou rudimentaires, dans les choses matérielles, ou qu'il n'y ait point de tels signes parce que cette Vie involuée est en plein sommeil, c'est une question secondaire. L'Énergie matérielle qui agrège, forme et désagrège (1) est la même Puissance, à un autre degré, que l'énergie de Vie qui s'exprime dans la naissance, la croissance et la mort, tout comme, en faisant les oeuvres de l'Intelligence. en sa subconscience somnambulique, elle se révèle être cette même Puissance qui, à un autre degré encore, atteint l'état de Mental ; son caractère même montre, qu'elle contient en elle — mais non encore en leur organisation et processus caractéristiques — les pouvoirs non encore libérés du Mental et de la Vie.

    La Vie se révèle donc comme essentiellement la même partout, de l'atome à l'homme, l'atome contenant la substance et le mouvement d'être subconscients qui sont libérés sous forme de conscience dans l'animal, la vie végétale étant un stade intermédiaire dans l'évolution. La Vie est en réalité une opération universelle de la Force-Consciente agissant subconsciemment sur la Matière et en elle ; elle est l'opération qui crée, maintient, détruit et recrée des formes ou corps, et qui essaie, par un jeu de force nerveuse, c'est-à-dire par des courants réciproques d'énergie stimulatrice, d'éveiller en ces corps la sensation consciente. En cette opération, il y a trois stades : l'inférieur, où la vibration est encore dans le sommeil de la Matière, entièrement subconsciente au point de sembler complètement mécanique; l'intermédiaire, où elle devient capable d'une réponse encore sub-mentale, niais à la limite de ce que nous appelons conscience ; et la supérieure, où la vie fait apparaître la mentalité consciente sous la forme d'une sensation mentalement perceptible qui, dans la transition, devient la base du développement du mental sensoriel et de l'intelligence. C'est dans le stade moyen que nous saisissons l'idée que la Vie est distincte de la Matière et du Mental, mais en réalité, elle est la même en tous les stades, toujours un moyen terme entre le Mental et la Matière, constituant de la Matière, imprégné du Mental. Elle est Une opération de la Force-Consciente qui n'est ni le fait de donner forme à la substance, ni le jeu du mental avec la substance et la forme comme objet d'appréhension ; elle est plutôt une dynamisation de l'être conscient qui est cause et soutien de la formation de substance, qui est aussi source et soutien intermédiaires de l'appréhension  mentale consciente. La Vie, en tant que cette dynamisation intermédiaire (l'être conscient, libère en action et réaction sensibles une forme de la force d'existence créatrice qui œuvrait absorbée en sa propre substance ; elle soutient et libère en action la conscience d'existence appréhensive, appelée mental, et lui donne un appareil dynamique afin qu'elle puisse agir non seulement sur ses propres formes, mais sur les formes de la vie et de la matière ; agissant comme intermédiaire, elle relie et soutient le mental et la matière dans leurs rapports usuels. Le moyen de ce commerce entre eux, la Vie le fournit par les courants continuels de son énergie nerveuse pulsatoire qui apportent la force de la forme en tant que sensation afin de modifier le Mental, et ramènent la force du Mental en tant que volonté afin de modifier la Matière. C'est donc cette énergie nerveuse que nous entendons généralement quand nous parlons de la Vie ; c'est le prâna ou Force de vie de la classification indienne. Mais l'énergie nerveuse n'est que la forme qu'elle prend dans l'être animal ; la même énergie prânique est présente en toutes formes, jusqu'en l'atome même puisqu'elle est partout la même en essence, puisqu'elle est partout la même opération de la force-Consciente —la Force soutenant et modifiant l'existence substantielle de ses propres formes, la Forces avec les sens et le mental secrètement actifs mais d'abord involués dans la forme et se préparant à émerger, puis enfin émergeant de leur involution. Tel est le sens intégral de la Vie omniprésente qui a manifesté l'univers matériel et l'habite.



 (1) La naissance, la croissance et la mort de la vie sont, en leur aspect extérieur, le même processus d'agrégation, de formation et de désagrégation — bien que, dans leur processus et leur signification intérieurs. elles soient plus encore. Même l'animation d'un corps par l'être psychique — si la vue occulte de cet choses est juste — suit un processus extérieur analogue, car l'âme en tant que noyau, pour naître attire à soi et s'agrège les éléments de ses gaines mentales, vitales et physiques et de leurs contenus, accroit pendant la vie ces formations, et en son départ abandonne et désagrège de nouveau ces agrégats, retirant en soi ses puissances intérieures, jusqu'à ce que, en une nouvelle naissance, elle recommence le processus originel.


Sri Aurobindo, LA VIE DIVINE, T.1,  chp. 19 La Vie


La connaissance du supraphysique



Une connaissance intégrale exige que l'on explore et dévoile tous les domaines possibles de conscience et d'expérience, car il existe dans notre être des domaines subjectifs qui sont derrière la surface visible ; il nous faut les sonder et admettre dans le champ de la réalité totale tout ce que l'on y discerne avec certitude. La gamme intérieure d'expérience spirituelle est un très grand domaine de la conscience humaine ; Il faut pénétrer jusqu'à ses profondeurs les plus lointaines et à ses étendues les plus vastes. Le supraphysique est tout aussi réel que le physique ; sa connaissance est une partie de la connaissance intégrale. La connaissance du supraphysique a été associée au mysticisme et à l'occultisme, et ce dernier a été banni comme superstition et erreur délirante. Mais l'occulte fait partie de l'existence : le véritable occultisme n'est pas autre chose qu'une étude des réalités supraphysiques et un dévoilement des lois secrètes de l'être et de la Nature, de tout ce qui n'apparait pas à la surface. Il s'efforce de découvrir les lois secrètes du mental et de l'énergie mentale, les lois secrètes de la vie et de l'énergie vitale, les lois secrètes du physique subtil et de ses énergies tout ce que la Nature ne fait pas jouer ostensiblement à la surface ; il recherche aussi l'application de ces vérités et pouvoirs cachés de la Nature pour étendre la domination de l'esprit humain au-delà des opérations habituelles du mental, des opérations habituelles de la vie, des opérations habituelles de notre existence physique. Dans le domaine spirituel, qui est occulte au mental de surface dans la mesure où il dépasse l'expérience normale et pénètre dans la supranormale, on peut non seulement découvrir le Moi et l'Esprit, mais aussi la lumière de la conscience spirituelle qui nous élève, nous renseigne et nous guide, et aussi le pouvoir de l'Esprit, la voie spirituelle de connaissance, le mode spirituel d'action. Connaître ces choses et amener ces vérités et ces forces dans la vie de l'humanité correspond à une partie nécessaire de son évolution. A sa manière, la science est elle-même un occultisme, car elle met en lumière les formules que la Nature a cachées et elle utilise sa connaissance pour libérer certaines opérations de l'énergie de la Nature, que celle-ci n'avait pas fait prévoir dans son jeu normal, et pour organiser et mettre au service de l'homme ses pouvoirs et ses processus occultes ; elle est un vaste système de magie physique, car il n'y-a et ne peut y avoir d'autre magie que l'utilisation des vérités secrètes de l'être, des pouvoirs et processus de la Nature. Il est même possible qu'on se rende compte un jour qu'une connaissance supraphysique est nécessaire pour que la connaissance physique soit complète, car derrière les processus de la Nature physique il y a un facteur supraphysique, un pouvoir, une action mentale, vitale ou spirituelle qui n'est décelable par aucun moyen externe de connaissance.



Sri Aurobindo, LA VIE DIVINE
La connaissance et l'ignorance
Chp 43 La réalité et la Connaissance Intégrale

Forme et Sans-forme

«Les divergences d'opinion sur Krishna entre Shankara et Râmanuja d'une part et Chaïtanya de l'autre proviennent de l'orientation prise par leurs expériences. Pour les pre­miers Krishna n'était qu'un aspect de Vishnou, parce que cette forme extatique d'amour et de bhakti qui s'était asso­ciée à Krishna n'était pas pour eux le tout. La Gîtâ, comme Chaïtanya, mais d'un point de vue différent, considère Krishna comme le Divin lui-même. Pour Chaïtanya il était Amour et Ananda, et puisqu'Amour et Ananda consti­tuaient pour lui la plus haute expérience transcendantale, Krishna devait aussi être le Suprême. Pour celui qui com­posa la Gîtâ, Krishna était la source de Connaissance et de Puissance aussi bien que d'Amour ; il était le Destructeur, Conservateur, Créateur en une seule personne et, par suite, nécessairement Vishnou n'était qu'un aspect de cet universel Divin. Il est vrai que dans le Mahâbhârata Krishna se pré­sente comme une incarnation de Vishnou, mais on peut tourner la difficulté en admettant qu'il se manifestait avec pour face apparente l'aspect vishnouïque. Si nous considé­rons la manifestation comme progressive, il est logique en effet que le Divin supérieur puisse se manifester plus tard que les autres — tout comme dans le Véda Vishnou est un cadet d'Indra, Upendra, mais dépasse son aîné et finit par prendre place au-dessus de lui dans la Trimûrtî. Je ne peux pas dire grand-chose sur la conception vish­nouïte de la forme de Krishna. La forme est le moyen fon­damental de manifestation et l'on peut dire que sans elle la manifestation de rien n'est complète. Même si le Sans-forme précède logiquement la Forme, il n'est pourtant pas illogique de supposer que dans le Sans-forme la Forme est inhérente et existe déjà dans un état latent mystique. Sans quoi, comment pourrait-elle se manifester ? Tout autre pro­cessus serait création du non-existant, et non pas manifesta­tion. Si tel est le cas, il serait tout aussi logique de supposer qu'il existe une forme éternelle de Krishna, un corps-esprit. Quant à la Réalité suprême, elle est certainement l'Existence absolue, mais n'est-elle que cela ? Comme abstraction, l'Existence absolue peut exclure d'elle-même toute autre chose, et correspondre à une sorte de zéro très positif ; mais si l'on envisage l'Existence absolue comme réalité, qui la définira ? Qui dira ce qui est et ce qui n'est pas dans ses inconcevables profondeurs, dans son illimitable Mystère ? Ordinairement le mental ne peut concevoir l'Existence abso­lue que comme une négation de ses propres concepts spa­tiaux, temporels ou autres. Mais il ne peut dire ce qui est la base de la manifestation ou ce qu'est la manifestation ou pourquoi s'est manifesté quoi que ce soit hors de son zéro positif. Or pour les vishnouïtes, il ne faut pas l'oublier, cette conception n'est pas la vérité absolue et originelle du Divin. Il n'est donc pas rigoureusement impossible que ce que nous concevons et percevons comme forme spatiale puisse correspondre à quelque pouvoir de l'Absolu a-spatial.» 
 
Sri Aurobindo, Lettres sur le yoga I

La grâce de Krishna

«[...] la grâce de Krishna appelle qui elle veut appeler, sans aucune raison déterminée par son choix ou son rejet: tout se fait selon son gré - ou alors il appelle les coeurs qui sont prêts à vibrer et à bondir à son appel, et même alors il attend que le moment vienne. Il est certainement vrai de dire que cela ne dépend pas du mérite extérieur ou d'une préparation apparente. Ce qui était prêt à s'éveiller, en dépit peut-être de beaucoup de croûtes durcies qui l'enveloppaient, pouvait être une chose visible pour Krishna, mais non pour nous [...] .»
 
Sri Aurobindo, Lettres sur le yoga II

La Bhakti pour Krishna

«[...] Même la voie de la bhakti, que l'on dit la plus facile, est pleine des lamentations des bhaktas qui se plaignent parce que le bien aimé leur échappe quand ils l'appellent, que le lieu de rendez-vous est préparé, mais que même Krishna ne s'y rend pas à ce moment-là. Même s'ils ont la joie d'un bref aperçu ou la passion du milana, c'est suivi de longues périodes de viraha. c'est une erreur de croire qu'il existe un chemin facile de yoga, une route royale ou un raccourci qui mène au Divin, ou qu'il peut y avoir un "yoga pour tous" ou un "yoga sans larmes", comme il existe des méthodes "Le français pour tous" ou "Le français sans larmes" [...] .»
 
Sri Aurobindo, Lettres sur le yoga I

La conscience krishnaïque

« La conscience krishnaïque est une réalité, mais s'il n'y avait pas de Krishna, il ne pourrait y avoir de conscience krishnaïque.»

Sri Aurobindo, Lettres sur le yoga I

Par la grâce de Mahakali et de Krishna

« J'ai fait du prânayâma quatre ou cinq heures par jours pendant plusieurs années avant que quoi que ce soit descende...Le flot poétique est bien arrivé pendant que je faisais ce prânayâma, et non pas quelques années plus tard, mais le flot d'expériences spirituelles est descendu quelques années plus tard, alors que j'avais cessé le prânayâma depuis longtemps; tous mes effort avaient échoué et je ne savais pas quoi faire ni où me tourner. Et ces expériences ne sont pas venues comme résultat d'année de prânayâma ou de concentration, mais d'une façon ridiculement facile, par la grâce soit d'un gourou temporaire (même pas, car lui-même en fût stupéfait), soit du Brahman éternel, et ensuite par la grâce de Mahakali et de Krishna .»
 
Sri Aurobindo, On Himself

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