Toute la vie est un yoga. Par ce yoga intégral, nous ne cherchons pas seulement l'Infini: nous appelons l'Infini à se révéler lui-même dans la vie humaine. Sri Aurobindo SRI AUROBINDO - YOGA INTEGRAL: juin 2015

SRI AUROBINDO
. . YOGA INTÉGRAL


Les négations de Dieu sont aussi utiles pour nous que Ses affirmations. Sri Aurobindo
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C'est le Supramental qu'il nous faut faire descendre, manifester, réaliser.

La présence de Vivekânanda



SRI AUROBINDO : Si vous estimez que la vie n'a aucune finalité divine, il est inutile de vouloir aller au-delà de la fuite dans le laya. Vous avez dès lors tout à fait raison de sortir de la vie, car du point de vue du Brahman, la vie et le corps sont un encombrement.
Mais ceux qui ont prêché la fuite n'ont apporté aucune explication satisfaisante au pourquoi de la vie et du corps. Ils ont attribué l'existence de la vie et du corps soit à la mâyâ [illusion cosmique], ce qui signifie qu'ils sont inexplicables, soit à la lîlâ [jeu cosmique], ce qui veut dire que Dieu s'amuse tout simplement à jouer, et l'on ne peut pas s'attendre à ce qu'un jeu ait un but. Mais je serais plutôt enclin à croire que Dieu avait un but en créant ce monde.
NIROD : Quel but ?
UN DISCIPLE: La manifestation progressive du Divin, peut-être. (À Sri Aurobindo) Mais ce que vous appelez le Supramental, est-ce une conception qui vous est propre, une idée que vous avez élaborée, ou vous a-t-elle été donnée d'en haut ?
SRI AUROBINDO : Ce n'est ni ma conception ni mon idée. Je vous ai déjà dit qu'après mon expérience du nirvâna, je n'ai plus eu de "pensées" personnelles.. Les pensées me venaient d'en haut. Dès le commencement, j'ai senti que le nirvâna n'était pas le sommet de la réalisation spirituelle. Quelque chose en moi voulait toujours aller plus loin. Mais même alors, je n'ai pas demandé à avoir cette nouvelle expérience. En fait, dans le nirvâna, avec cette paix, on ne demande rien du tout. Mais la vérité du Supramental m'a été donnée. Je n'avais au départ aucune idée du Supramental et pendant longtemps cela ne m'était pas très clair.
C'est l'esprit de Vivekânanda qui m'a mis sur la voie du Supramental. Cette première indication m'a amené à voir comment la Conscience-de-Vérité agit en toute chose.
NIROD : Avait-il connaissance du Supramental ?
SRI AUROBINDO : Il ne l'appelait pas le Supramental. Le terme est de moi. Il me disait simplement : "Voici ceci, voilà cela," et ainsi de suite. C'est ainsi qu'il procédait, en me montrant et en me donnant des indications. Il m'a rendu visite à la prison d'Alipore pendant quinze jours de suite et tarit que je n'avais pas tout saisi, il a continué à m'instruire et à graver dans mon esprit le fonctionnement de la Conscience supérieure – la Conscience-de-Vérité en général – qui mène au Supramental. Il n'a pas voulu me quitter avant que j'aie tout bien assimilé.
NIROD : Les gourous se manifestent-ils de cette façon, en donnant un enseignement ?
SRI AUROBINDO : Pourquoi pas ? C'est l'expérience traditionnelle des temps anciens. Un grand nombre de gourous confèrent l'initiation après leur mort.
NIROD : Vous nous avez parlé un jour de l'influence que Râma­krishna et Vivekânanda ont exercé sur votre vie. Est-ce à cela que vous faisiez allusion ?
SRI AUROBINDO: Non. Je voulais parler de l'influence de leurs paroles et de leurs écrits, quand je suis revenu d'Angleterre pour m'installer à Baroda. Leur influence était très forte dans toute l'Inde. Mais j'ai eu une autre expérience directe de la présence de Vivekânanda à l'époque où je faisais du hatha yoga. J'ai senti sa présence derrière moi et veillant sur moi. Par la suite cela a exercé une très grande influence sur ma vie. (...)

Entretien avec Sri Aurobindo, vol I, Nirodbaran.

Sri Aurobindo au sujet de l'Ashram de Pondichéry


«Afin de dissiper beaucoup de malentendus qui semblent s'être élevés au sujet de son Ashram à Pondichéry, Sri Aurobindo considère qu'il est nécessaire d'émettre la déclaration explicite suivante.
«Un Ashram veut dire la maison, ou les maisons, d'un Instructeur ou Maître de philosophie spirituelle, dans lesquelles celui-ci reçoit et loge ceux qui viennent à lui pour l'enseignement et la pratique. Un Ashram n'est pas une association, ni un corps religieux, ni un monastère – c'est seulement ce que nous venons de dire, et rien de plus.
«Tout ce qui est dans l'Ashram appartient à l'Instructeur; les sadhakas (ceux qui pratiquent sous sa direction) n'ont aucun titre, droit ou voix en aucune matière. Ils restent ou ils s'en vont suivant sa volonté. L'argent que l'Instructeur reçoit est sa propriété et non celle d'une institution publique. Ce n'est ni un dépôt, ni une fondation, car ce n'est pas une institution publique. De tels Ashrams ont existé dans l'Inde bien des siècles avant le Christ et existent encore en grand nombre. Tout dépend de l'Instructeur et prend fin avec son existence, à moins qu'il n'y ait un autre Instructeur qui puisse prendre sa place.
«L'Ashram à Pondichéry prit naissance de la façon suivante. Tout d'abord, Sri Aurobindo vivait à Pondichéry avec un petit nombre de commensaux dans sa maison. Ensuite, quelques autres vinrent se joindre à lui. Plus tard, après que la Mère l'eût rejoint en 1920, le nombre commença à augmenter tellement qu'il fut trouvé nécessaire de faire un arrangement pour loger les nouveaux arrivants; à cette fin, des maisons furent achetées et louées suivant les besoins. Des arrangements durent être faits aussi pour l'entretien, la réparation, la reconstruction des maisons, pour le service de la nourriture et pour une vie décente et hygiénique. Tout cela représentait un certain nombre de règles privées faites par la Mère et entièrement à sa discrétion si elle voulait en ajouter d'autres, les modifier ou les changer; ces règles n'ont aucun caractère public.
«Toutes les maisons de l'Ashram appartiennent à Sri Aurobindo ou à la Mère. Tout l'argent dépensé appartient à Sri Aurobindo ou à la Mère. L'argent est donné par de nombreuses personnes pour aider le travail de Sri Aurobindo. Quelques-uns, qui sont ici, donnent leurs biens; mais ils les donnent à Sri Aurobindo ou à la Mère et non à l'Ashram en tant qu'institution publique, car une telle institution n'existe pas.
«L'Ashram n'est pas une association; il n'y a pas de corps constitué, ni de fonctionnaires, ni de propriétés communes appartenant à l'association, ni de conseil ou de comité directeur, ni d'activité entreprise ayant un caractère public.
«L'Ashram n'est pas une institution politique; tout contact avec les activités politiques est abandonné par ceux qui vivent ici. Toute propagande religieuse, politique ou sociale doit être évitée par eux.
«L'Ashram n'est pas une association religieuse. Ceux qui sont ici viennent de toutes les religions et quelques-uns n'ont pas de religion du tout. Il n'y a pas de croyance ni d'ensemble de dogmes, ni de corps religieux directeur. Il y a seulement les enseignements de Sri Aurobindo et certaines pratiques psychologiques de concentration et de méditation, etc. pour l'élargissement de la conscience, la réceptivité à la Vérité, la maîtrise des désirs, la découverte de la conscience divine et de l'être divin cachés au-dedans de chaque être humain, l'évolution supérieure de la nature...»
Sri Aurobindo, 16 février 1934


(traduction par Satprem)

Satprem, L'Agenda de Mère. (Lettres de Sri Aurobindo, qui ont été omises de la collection «complète» de ses œuvres, ou simplement tronquées).


Le seul vrai travail

La seule création qui ait une place ici est la création supramentale, la descente de la Vérité divine sur la terre, non seulement dans le mental et dans le vital mais dans le corps et dans la Matière. Notre but n'est pas de supprimer toutes les «limites» à l'expansion de l'ego ni de donner libre cours à l'accomplissement des idées du mental humain et de laisser un champ illimité aux désirs de la force vitale égocentrique. Aucun de nous n'est ici pour faire «à sa guise» ou pour créer un monde où nous pourrons enfin faire selon notre bon plaisir; nous sommes ici pour faire ce que veut le Divin et pour créer un monde où la Volonté divine pourra enfin manifester sa vérité sans que celle-ci soit déformée par l'ignorance humaine ou pervertie et dénaturée par le désir vital. Le travail que le sâdhak du yoga supramental doit accomplir n'est pas un travail personnel auquel il puisse fixer ses propres conditions, mais l'œuvre divine qu'il doit accomplir suivant les conditions fixées par le Divin. Ce n'est pas pour nous que nous faisons le yoga, mais pour le Divin. Ce n'est pas notre manifestation personnelle que nous devons rechercher, la manifestation d'un ego individuel libéré de toute limite et de tout lien, mais la manifestation du Divin. De cette manifestation, notre propre libération, notre propre perfection et notre plénitude spirituelles seront un résultat et feront partie, mais non dans un sens égoïste ni dans un but égocentrique et de gain personnel. De plus, cette libération, cette perfection, cette plénitude ne devront pas être poursuivies pour nous-mêmes, mais pour l'amour du Divin.
Sri Aurobindo, Lettres sur le Yoga

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