Toute la vie est un yoga. Par ce yoga intégral, nous ne cherchons pas seulement l'Infini: nous appelons l'Infini à se révéler lui-même dans la vie humaine. Sri Aurobindo Pour atteindre le but que se propose notre yoga

SRI AUROBINDO
. . YOGA INTÉGRAL


Les négations de Dieu sont aussi utiles pour nous que Ses affirmations. Sri Aurobindo
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C'est le Supramental qu'il nous faut faire descendre, manifester, réaliser.

Pour atteindre le but que se propose notre yoga


Srî Aurobindo « The Yoga and its object »
— [Pour atteindre le but que se propose notre yoga] les pratiques du Hatha-Yoga et du Râja-Yoga ne suffisent pas ; même le Trimârga ne sera pas utile ; il nous faut aller plus haut et recourir à l’Adhyâtma-Yoga. Le principe de ce yoga est, en ce qui concerne la connaissance, réaliser que tout ce que nous voyons, et aussi ce que nous ne voyons pas mais dont nous avons conscience (hommes, objets, nous-même, les événements, les Dieux, les titans, les anges) sont un Brahman divin unique, et en ce qui concerne l'action et l'attitude, se donner totalement au Parâtpara Purusha, la personnalité transcendante, infi­nie et universelle qui est à la fois personnelle et imperson­nelle, finie et infinie, illimitable et se limitant elle-même, et qui informe de Son être non seulement les Dieux là-haut, mais aussi l'homme et le ver et la motte de terre.
L'abandon doit être complet. Rien ne doit être réservé, nul désir, nulle exigence, nulle opinion, nul avis que ceci doit être et que cela ne doit pas être, que ceci devrait être et que cela ne devrait pas être ; tout doit être donné. Le coeur doit être purifié de tout désir et l'intellect de toute volonté ; il faut renoncer à toute dualité ; le monde en­tier, perçu ou non perçu, doit être reconnu comme une unique et suprême expression de la Sagesse, la Puissance et la Félicité qui nous restent celées ; l'être tout entier doit s'abandonner, aussi passif qu'une locomotive entre les mains du mécanicien, pour que l'Amour-Puissance ­parfaite Intelligence puisse faire son travail et accomplir sa divine lîlâ ; l'ahamkâra doit s'effacer pour que nous puissions jouir — comme Dieu veut que finalement nous en jouissons — de la parfaite béatitude, de la connaissance et du calme parfaits, et aussi de la parfaite activité de l'existence divine.
Lorsque cette attitude de parfait don de soi peut être installée, même imparfaitement, il s'ensuit inévitablement qu'aucun Kriya-Yoga n'est plus nécessaire. En effet, c'est Dieu Lui-même, en nous, qui devient le sâdhak et le siddha ; Son pouvoir divin oeuvre en nous, non pas par nos processus artificiels, mais par un jeu de la Nature qui est parfaitement informé, qui discerne tout et dont l'effi­cacité est infaillible. Même le samyama râja-yoguique le plus puissant, le prânâyâma le plus développé, la médita­tion la plus acharnée, la bhakti la plus extatique, l'action la plus désintéressée, si puissants et efficaces qu'ils soient, n'apportent que des résultats relativement faibles par comparaison avec ce que produit cette intervention suprê­me, car tous sont limités dans une certaine mesure par nos propres capacités, tandis que le pouvoir de cette inter­vention est illimitable puisqu'il s'agit de la capacité de Dieu. Elle n'est limitée que par Sa volonté, qui sait ce qui vaut mieux pour le monde et pour chacun de nous, dans le monde et sans rapports avec le monde.
Dans ce yoga, ce qu'il faut d'abord, c'est le sankalpa (détermination) de l’âtmasamarpana (consécration de soi). De tout votre cœur et de toute vo­tre force, mettez-vous entre les mains de Dieu. Ne posez pas de conditions, ne demandez rien, pas même la siddhi (perfection) dans le yoga, rien du tout excepté qu'en vous et par vous Sa volonté puisse s'accomplir directement. A ceux qui lui demandent, Dieu donne ce qu'ils demandent, mais à ceux qui se donnent et ne demandent rien, Dieu donne tout ce qu'autrement ils auraient pu demander ou dont ils au­raient pu avoir besoin, et en plus Il Se donne Lui-même, avec les bienfaits spontanés de Son amour.
Ensuite il faut se tenir à l'écart et observer en soi le jeu de la Puissance divine. Ce jeu s'accompagne souvent de troubles dans le système, et c'est pourquoi il faut avoir la foi — bien qu'il ne soit pas toujours possible d'avoir tout de suite une foi parfaite. En effet, toute impureté qui peut exister en vous, qu'elle soit ouvertement chérie ou secrètement tapie, a des chances de s'élever pour commen­cer et de recommencer jusqu'à ce qu'elle soit totalement balayée ; et à notre époque le doute est une impureté presque universellement répandue. Même lorsque le doute vous assaille, tenez-vous à l'écart et attendez qu'il passe, en profitant si possible de la satsanga (communion avec les bons) de ceux qui sont déjà avancés sur la voie, mais quand vous n'en disposez pas, accrochez-vous fermement au principe du yoga, c'est- à-dire au don de soi.
En cas de découragement intérieur ou d'attaque extérieure, rappelez-vous les paroles de la Gîtâ : « Si tu t'abandonnes à Moi dans ton cœur et ta pensée, par Ma grâce tu traverseras toutes les difficultés et tous les périls.» Et aussi : « Renonce à tous les dharmas (toute loi, toute règle, toute coutume, tout code, qu'ils provien­nent d'anciennes habitudes ou croyances ou qu'ils t'aient été imposés de l'extérieur) et prends refuge en Moi seul ; Je te délivrerai de tout péché et de tout mal, ne t'afflige pas. » Et aussi : « Je te délivrerai ». Vous n'avez pas à vous inquiéter ni à lutter vous-même comme si la responsabilité vous incombait ou si le résultat dépendait de vos efforts ; un plus puissant que vous s'en occupe. Ni la maladie ni le désastre, ni la montée en vous du péché ou de l'impureté ne devrait vous causer de soucis. Accrochez-vous seulement à Lui. « Je te délivrerai de tout péché et de tout mal. » Mais cette libération n'arrive pas comme un soudain miracle, elle vient par un processus de purification dont tout cela fait partie. C'est comme la poussière qui s'élève en nuages lorsqu'on balaie une pièce qui ne l'a pas été depuis longtemps. La poussière semble devoir vous asphyxier, mais tenez bon, mâ suchah.
Pour vous tenir à l'écart, il vous faut savoir que vous êtes le Purusha qui se borne à observer, qui laisse Dieu agir, qui s'accroche à l'âdhâra et jouit des fruits que Dieu lui octroie. Le travail est fait par Dieu en tant que Shakti, par Kâlî, et par elle il est offert en yajna (sacrifice) à Shrî Krishna. Vous êtes le yajamâna (celui qui célèbre le sacrifice) qui veille au sacrifice et dont la présence est nécessaire à tous les gestes du sacrifice, qui en savoure aussi les résultats.
Cette séparation d'avec vous-même, ce renoncement au kartritva-abhimâna (l'idée que vous êtes l'auteur de l'action) est plus facile si vous savez ce qu'est l'âdhâra (L'ensemble des cinq fourreaux formés par les cinq principes qui constituent l'être physique, vital, mental, supramental et spirituel).
Les différents éléments en ont été brièvement décrits dans «Yogic Sadhan», mais l'on n'y a expliqué que la partie de l'âdhâra qui est actuellement jâgrata (Conscient à l'état de veille), c'est-à-dire le corps, le prâna (La force vitale) et le quadruple mental (chitta, manas, buddhi et ahamkâra). Au-dessus de la buddhi, qui est la fonction la plus haute du mental, se trouve la buddhi supérieure ou vijnâna, le siège du satya-dharma, vérité de connaissance, vérité de bhâva (Etat ou sentiment subjectif), vérité d'action, et au-dessus de cette faculté idéale est situé l'ânanda ou félicité cosmique, dans laquelle demeure ce qui en vous est divin. C'est de cet ânanda et de ce vijnâna que parlait le Christ comme le Royaume de Dieu qui est en vous.
Actuellement nous sommes éveillés (jâgrata) dans les mouvements inférieurs, mais nous sommes profondément endormis (sushupta) dans le vijnâna et l'ânanda. Il nous faut éveiller en nous ces niveaux de conscience. Leur éveil et leur activité sans mélange sont la siddhi du yoga. En effet, lorsque cela se produit, nous arrivons à l'état que la Gîtâ appelle demeurer en Dieu, cet état dont parle Shrî Krishna lorsqu'il dit : mayi nivasishyasyeva (en vérité tu demeureras en Moi). Une fois qu'on est parvenu à cet état, on est libre et béni, et l'on a tout ce que nous nous efforçons d'atteindre.
Dans le yoga, le troisième processus consiste à percevoir toutes choses comme étant Dieu. En règle générale, dans ce processus cognitif, on commence par voir, imprégnant tout l'espace et tout le temps, une existence divine imper­sonnelle unique, le Sad-âtman, sans mouvement ni dis­tinction ni caractère distinctif, shântam alakshanam, dans lequel tous noms et toutes formes semblent n'avoir qu'une réalité fort douteuse ou très mineure. Dans cette réalisation, l'Un semble être la seule réalité et tout le reste Mâyâ, une illusion inexplicable et sans objet. Mais ensuite, si l'on ne s'arrête pas là, et si l'on ne se contente pas de cette réalisation impersonnelle, on arrive à voir ce même Atman non seulement comme contenant et soutenant toutes choses créées, mais les informant et les emplissant, et finalement on arrive à comprendre que même les noms et les formes sont Brahman. On peut alors vivre plus ou moins dans cette connaissance qui, selon les Upanishads et la Gîtâ, est la règle de la vie on voit le Soi dans tout ce qui existe, et tout ce qui existe dans le Soi, on devient conscient que toutes choses sont Brahman, salvam khalvidam brahma. Mais dans notre yoga la réalisation finale est celle où l'on prend conscience du monde entier comme étant l'expression, le jeu, la lîlâ d'une personnalité divine infinie, lorsqu'on voit en tout non pas le Sad-âtman impersonnel qui est la base de l'existence manifestée — connaissance que d'ailleurs on conserve — mais Shri Krishna qui à la fois est toute existence manifestée ou non manifestée, en est la base et la transcende.

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