Toute la vie est un yoga. Par ce yoga intégral, nous ne cherchons pas seulement l'Infini: nous appelons l'Infini à se révéler lui-même dans la vie humaine. Sri Aurobindo Forme et Sans-forme

SRI AUROBINDO
. . YOGA INTÉGRAL


Les négations de Dieu sont aussi utiles pour nous que Ses affirmations. Sri Aurobindo
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C'est le Supramental qu'il nous faut faire descendre, manifester, réaliser.

Forme et Sans-forme

«Les divergences d'opinion sur Krishna entre Shankara et Râmanuja d'une part et Chaïtanya de l'autre proviennent de l'orientation prise par leurs expériences. Pour les pre­miers Krishna n'était qu'un aspect de Vishnou, parce que cette forme extatique d'amour et de bhakti qui s'était asso­ciée à Krishna n'était pas pour eux le tout. La Gîtâ, comme Chaïtanya, mais d'un point de vue différent, considère Krishna comme le Divin lui-même. Pour Chaïtanya il était Amour et Ananda, et puisqu'Amour et Ananda consti­tuaient pour lui la plus haute expérience transcendantale, Krishna devait aussi être le Suprême. Pour celui qui com­posa la Gîtâ, Krishna était la source de Connaissance et de Puissance aussi bien que d'Amour ; il était le Destructeur, Conservateur, Créateur en une seule personne et, par suite, nécessairement Vishnou n'était qu'un aspect de cet universel Divin. Il est vrai que dans le Mahâbhârata Krishna se pré­sente comme une incarnation de Vishnou, mais on peut tourner la difficulté en admettant qu'il se manifestait avec pour face apparente l'aspect vishnouïque. Si nous considé­rons la manifestation comme progressive, il est logique en effet que le Divin supérieur puisse se manifester plus tard que les autres — tout comme dans le Véda Vishnou est un cadet d'Indra, Upendra, mais dépasse son aîné et finit par prendre place au-dessus de lui dans la Trimûrtî. Je ne peux pas dire grand-chose sur la conception vish­nouïte de la forme de Krishna. La forme est le moyen fon­damental de manifestation et l'on peut dire que sans elle la manifestation de rien n'est complète. Même si le Sans-forme précède logiquement la Forme, il n'est pourtant pas illogique de supposer que dans le Sans-forme la Forme est inhérente et existe déjà dans un état latent mystique. Sans quoi, comment pourrait-elle se manifester ? Tout autre pro­cessus serait création du non-existant, et non pas manifesta­tion. Si tel est le cas, il serait tout aussi logique de supposer qu'il existe une forme éternelle de Krishna, un corps-esprit. Quant à la Réalité suprême, elle est certainement l'Existence absolue, mais n'est-elle que cela ? Comme abstraction, l'Existence absolue peut exclure d'elle-même toute autre chose, et correspondre à une sorte de zéro très positif ; mais si l'on envisage l'Existence absolue comme réalité, qui la définira ? Qui dira ce qui est et ce qui n'est pas dans ses inconcevables profondeurs, dans son illimitable Mystère ? Ordinairement le mental ne peut concevoir l'Existence abso­lue que comme une négation de ses propres concepts spa­tiaux, temporels ou autres. Mais il ne peut dire ce qui est la base de la manifestation ou ce qu'est la manifestation ou pourquoi s'est manifesté quoi que ce soit hors de son zéro positif. Or pour les vishnouïtes, il ne faut pas l'oublier, cette conception n'est pas la vérité absolue et originelle du Divin. Il n'est donc pas rigoureusement impossible que ce que nous concevons et percevons comme forme spatiale puisse correspondre à quelque pouvoir de l'Absolu a-spatial.» 
 
Sri Aurobindo, Lettres sur le yoga I

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