Toute la vie est un yoga. Par ce yoga intégral, nous ne cherchons pas seulement l'Infini: nous appelons l'Infini à se révéler lui-même dans la vie humaine. Sri Aurobindo LA ZONE INTERMÉDIAIRE

SRI AUROBINDO
. . YOGA INTÉGRAL


Les négations de Dieu sont aussi utiles pour nous que Ses affirmations. Sri Aurobindo
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C'est le Supramental qu'il nous faut faire descendre, manifester, réaliser.

LA ZONE INTERMÉDIAIRE



— Toutes ces expériences sont de même nature, et ce qui s'applique à l'une s'applique à l'autre. À l'excep­tion de certaines expériences qui ont un caractère person­nel, ce sont des vérités-idées comme il en descend d'en haut dans notre conscience lorsqu'on prend contact avec certains plans de l'être, ou encore de puissantes forma­tions des mondes mental et vital plus vastes qui — si l'on est directement ouvert à ces mondes — se précipitent en le sâdhak et veulent l'utiliser pour leur propre accomplisse­ment.
Lorsque ces choses descendent à flots ou pénètrent, elles se présentent avec une grande force, un sens frap­pant d'inspiration ou d'illumination, une grande sensation de lumière et de joie, une impression d'élargissement et de pouvoir. Le sâdhak se sent libéré de ses limites normales, projeté dans un merveilleux nouveau monde d'expérience, empli, agrandi, exalté. Par ailleurs, ce qui vient s'associe à lui, à ses aspirations, ses ambitions, ses concepts de réa­lisation spirituelle et de siddhi yoguique ; cela se présente même comme étant cette réalisation et cet accomplis­sement.
Le sâdhak est facilement emporté par la splendide ruée en lui de ce qui lui arrive et il croit avoir réalisé plus qu'il n'a obtenu en réalité, quelque chose de final ou tout au moins de souverainement vrai. À ce stade, il lui manque généralement la connaissance et l'expérience nécessaires pour voir que ce n'est qu'un début très incertain et mélangé ; il peut ne pas se rendre compte tout de suite qu'il est encore dans l'Ignorance cosmique et non pas dans la Vérité cosmique, encore moins dans la Vérité transcendentale, et que toutes les vérités-idées formatives ou dynamiques qui peuvent être descendues en lui ne sont que partielles et sont encore réduites par la façon dont les lui présente une conscience qui reste mêlée. Il peut ne pas se rendre compte non plus que s'il applique précipitam­ment ce qu'il a reçu ou réalisé comme si c'était quelque chose de définitif, il peut ou bien tomber dans l'erreur ou la confusion, ou bien se laisser enfermer dans quelque formation partielle. Dans cette formation il peut y avoir un élément de Vérité spirituelle, mais il sera probablement plus que compensé par des accrétions mentales et vitales plus douteuses qui le déformeront complètement.
C'est seulement s'il est capable — immédiatement ou après quelque temps — de se retirer de ces expériences, de s'élever au-dessus d'elles avec la conscience impartiale du témoin, d'observer leur nature réelle, leurs limitations, leur composition mélangée qu'il pourra poursuivre sa rou­te vers une véritable liberté et une siddhi plus haute, plus vaste et plus vraie. C'est ce qu'il devra faire à chaque pas.
En effet, tout ce qui vient ainsi au sâdhak de notre yo­ga n'est ni définitif ni final, que cela provienne du Sur-mental, de l'Intuition ou du Mental illuminé ou de quel­que Plan de vie très élevé, ou de toutes ces sources à la fois ; ce n'est pas la Vérité suprême dans laquelle il puisse s'installer, mais seulement un stade. Néanmoins il faut traverser toutes ces étapes, car la Vérité supramentale ou suprême ne peut pas être atteinte en un seul bond, ni mê­me en beaucoup de bonds. Il faut progresser calmement, patiemment, régulièrement à travers de nombreux stades intermédiaires sans se laisser lier ou attacher à leurs moin­dres Vérité, Lumière, Pouvoir ou Ananda.
Il s'agit en fait d'un état intermédiaire, une zone de transition entre la conscience ordinaire dans le mental et la véritable connaissance yoguique. On peut la traverser sans en pâtir si l'on se rend compte tout de suite ou assez rapidement de sa nature réelle et si l'on refuse de se lais­ser arrêter par ses demi-lumières et par ses expériences tentantes mais imparfaites et souvent mélangées et falla­cieuses. On peut s'y égarer, suivre des voix fausses et des instructions mensongères, ce qui aboutit à un désastre spi­rituel. On peut aussi s'installer dans cette zone in­termédiaire, ne pas vouloir aller plus loin et y édifier quelque serai-vérité que l'on prend pour la vérité, ou encore devenir l'instrument des pouvoirs qui sont dans ces plans de transition.
C'est ce qui arrive à beaucoup de sâdhaks et de yogins. Ils sont submergés par cette première irruption, par le sens de pouvoir que donne une condition supranormale ; ils sont éblouis par une petite lumière qu'ils prennent pour une formidable illumination ou par un toucher de force qu'ils prennent pour la pleine Force divine ou tout au moins pour une très grande Shakti yoguique. Ou encore ils acceptent comme étant le Suprême quelque Puissance intermédiaire (qui n'est pas toujours d'origine divine) ou une conscience intermédiaire qu'ils prennent pour la réalisation suprême. Ils en arrivent très vite à penser qu'ils sont dans la pleine conscience cosmique alors que ce n'en est qu'une petite partie ou une façade ou quelque Mental ou Puissance de vie plus vastes ou quelques strates physiques subtils avec lesquels ils se sont trouvés en rapports dynamiques. Ou bien ils ont l'impression d'être en une conscience entièrement illuminée alors qu'en fait ils ne reçoivent d'en haut que des choses imparfaites grâce à une illumination partielle provenant de quelque plan mental ou vital.
En effet, ce qui arrive est diminué et souvent déformé en passant à travers ces plans. Souvent aussi le mental et le vital du sâdhak qui le reçoit comprennent et transcri­vent mal ce qui lui parvient, ou encore ils le rejettent pour le mêler à ses propres désirs, idées, sentiments. Et cepen­dant le sâdhak s'imagine que ces désirs, idées et senti­ments ne sont pas les siens, mais une partie de la Vérité qu'il reçoit parce qu'ils y sont mêlés, en imitent la forme, sont éclairés par son illumination et prennent une valeur exagérée du fait de cette association et de cette lumière empruntée.
Dans cette zone intermédiaire d'expérience il se présente des dangers encore plus graves. Car les plans auxquels le sâdhak a maintenant ouvert sa conscience — non pas comme auparavant, en en recevant quelques aperçus ou quelques influences, mais directement, en en recevant le plein impact — envoient toute une foule d'idées, d'impul­sions, de suggestions, de formations de toutes sortes, sou­vent absolument opposées les unes aux autres, inconséquentes ou incompatibles, mais présentées de telle sorte que leurs différences et leurs insuffisances s'estom­pent ; elles arrivent avec beaucoup de force, de plausibi­lité, une abondance d'arguments et un sens convaincant de leur certitude. Submergé par ce sens de la certitude, cette vividité, cette apparence de profusion et de richesse, l'esprit du sâdhak est plongé dans une grande confusion qu'il prend pour une organisation et un ordre plus vas­tes ; ou encore il tourbillonne en une succession de chan­gements incessants de toutes sortes qu'il prend pour un progrès rapide, mais qui ne conduit nulle part.
Il y a aussi le danger contraire qu'il devienne l'instru­ment de quelque formation apparemment brillante mais ignorante. En effet ces plans intermédiaires sont pleins de petits Dieux ou de puissants Daïtyas ou de plus petits êtres qui veulent créer, matérialiser quelque chose ou im­poser dans la vie terrestre une formation mentale et vitale et qui désirent ardemment utiliser ou influencer ou même posséder la pensée et la volonté du sâdhak et faire de lui leur instrument à cette fin.
Cela est tout autre chose que le danger bien connu présenté par des êtres réellement hostiles dont le seul but est de créer la confusion, la fausseté, la corruption dans la sâdhanâ et des erreurs désastreuses qui n'ont rien de spirituel. Quiconque se laisse saisir par un de ces êtres —qui souvent s'affuble de l'un des noms de Dieu — s'écar­tera de la voie du yoga.
Par contre, il est parfaitement possible que le sâdhak soit accueilli à son arrivée dans cette zone par un Pouvoir du Divin qui l'aide et le guide jusqu'à ce qu'il soit prêt pour de plus grandes choses, mais même cela n'est pas une protection sûre contre les erreurs et les faux-pas dans cette zone, car rien n'est plus facile aux puissances de ces zones ou puissances hostiles que d'imiter la Voix ou l'Image qui peut guider et ainsi de tromper et d'égarer le sâdhak, ou au sâdhak lui-même d'attribuer au Divin les créations et formations de son propre mental, de son vital ou de son ego.
En effet cette zone intermédiaire est une région de semi­vérités, ce qui en soi n'aurait pas d'importance, car en deçà du Supramental il n'est pas de vérité complète, mais là cette serai-vérité est si partielle ou d'une application si ambiguë qu'elle laisse la porte largement ouverte à la confusion, la délusion et l'erreur. Parce qu'il se sent en contact avec quelque chose de plus vaste ou de plus puis­sant, le sâdhak pense qu'il n'est plus dans la petite conscience où il se trouvait auparavant, et pourtant cette vieille conscience est toujours là, n'est pas véritablement abolie. Il se sent sous le contrôle ou l'influence de quelque Puissance, Etre ou Force plus grand que lui, il aspire à en être l'instrument et il pense s'être débarrassé de son ego, mais cette illusion d'absence d'ego cache souvent un ego exagéré. Des idées qui ne sont que partiellement vraies s'emparent de lui et dirigent son mental ; en les appliquant mal avec trop de confiance il les transforme en erreurs, ce qui vicie les mouvements de la conscience et ouvre la porte à l'illusion. Le sâdhak reçoit des suggestions, parfois de nature romantique, qui le flattent et lui donnent l'impression qu'il est important, qui sont conformes à ses désirs, et il les accepte sans les examiner, sans discriminer. Même ce qu'elles contiennent de vrai est tellement exagéré, dépasse tellement toutes limites et mesures que cela engendre l'erreur.
C'est une zone que de nombreux sâdhaks doivent tra­verser, dans laquelle beaucoup errent longtemps et dont un grand nombre n'émergent jamais. En particulier lors­que leur sâdhanâ se situe surtout dans le mental et le vital ils doivent y affronter beaucoup de difficultés et de grands dangers. Seuls ceux qui suivent scrupuleusement et strictement leur guide ou ceux dans la nature de qui le psychique est au premier plan traversent facilement cette zone intermédiaire comme sur une route sûre et claire­ment signalisée. Une sincérité centrale, une humilité fon­damentale contribuent aussi à écarter bien des dangers et bien des troubles. On peut alors passer rapidement au-delà en une Lumière plus claire — où il y a encore beau­coup de mixtures, d'incertitude et de lutte, mais dans la­quelle on s'oriente vers la Vérité cosmique et non vers un prolongement à demi éclairé de Mâyâ et de l'ignorance.
C'est en termes généraux, avec ses principaux caractères et possibilités que j'ai décrit cet état de conscience qui est juste de l'autre côté de la limite de la conscience normale, car c'est là que ces expériences semblent se produire. Mais les divers sâdhaks s'y comportent différemment et réagis­sent parfois à un genre de possibilités et parfois à un autre. 
Dans votre cas, il semble que vous soyez entré dans cette zone intermédiaire parce que vous avez essayé de faire descendre la conscience cosmique ou d'y pénétrer de force. Peu importe d'ailleurs comment cela s'est fait et peu importe aussi que l'on soit conscient de ce que l'on fait, ou qu'on le comprenne en ces termes ; en substance c'est ce que je vous ai dit.
Ce n'est pas dans le Surmental que vous êtes entré, car il est impossible d'y pénétrer directement. En fait le Sur-mental est derrière toute l'action de la conscience cosmi­que et au-dessus d'elle, mais au début on ne peut avoir avec lui qu'un rapport indirect. Les choses descendent du Surmental à travers des strates intermédiaires, en un plan mental, un plan vital, un plan physique subtil plus vastes. Au cours de cette transmission, elles sont très modifiées et diminuées, elles n'ont plus rien de tel que la pleine puis­sance, la pleine vérité qu'elles possèdent dans le Surmen­tal même, là où elles ont pris naissance.
La plupart des mouvements ne viennent pas du Surmental, mais des niveaux supérieurs du mental. Les idées dont ces expériences sont imprégnées et sur lesquelles elles semblent faire reposer leur prétention à la vérité ne vien­nent pas du Surmental, mais du Mental supérieur, parfois du Mental illuminé, mais elles sont mêlées à des sugges­tions provenant des régions inférieures du mental et du vi­tal, leur possibilité d'application est fortement affaiblie et bien souvent elle est mal utilisée. Tout cela serait sans im­portance, c'est normal et coutumier, il faut y passer pour parvenir à une atmosphère plus claire où les choses sont mieux organisées et situées sur une base plus sûre. Mais vous avez agi dans un esprit de hâte et d'avidité excessi­ves, avec une estime de soi et une confiance en soi fort exagérées, avec une certitude prématurée, en ne voulant vous laisser guider que par votre propre mental ou par le « Divin » tel qu'il est conçu ou ressenti à un stade de con­naissance très limitée. Or la sensation et la conception du Divin chez le sâdhak, même si elles sont fondamentalement authentiques, ne sont jamais dans un état pur et total ; elles sont mêlées à toutes sortes d'imputations men­tales et vitales. Associées à la façon dont le Divin nous guide sont toutes sortes de choses que l'on croit en faire partie et qui en réalité proviennent de tout autres sources. Même en supposant que le Divin nous guide directement — et dans ces conditions le Divin agit surtout, le plus souvent, de derrière le voile — il ne le fait qu'occasionnel­lement, et le reste s'opère par un jeu de forces. Erreurs, trébuchements, mélange d'Ignorance se donnent libre cours. Tout cela est permis parce que le sâdhak doit être mis à l'épreuve par les forces cosmiques, doit apprendre par expérience, doit passer par l'imperfection pour s'élever à la perfection — s'il en est capable, s'il est disposé à apprendre, à ouvrir les yeux à ses propres erreurs, à en ti­rer la leçon et à en profiter pour croître en une Vérité, une Lumière et une Connaissance plus pures.
L'effet de cet état d'esprit est que l'on commence à af­firmer tout ce qui arrive dans cette région mélangée et douteuse comme si tout cela était la Vérité et la pure Vo­lonté divine. Les idées et les suggestions qui se répètent constamment sont exprimées impérieusement, avec auto­rité, comme si elles étaient la Vérité entière et indiscuta­ble. On a l'impression que l'on est devenu impersonnel, que l'on est libéré de l'ego, alors que tout le mode d'ex­pression du mental, ce qu'il exprime et son esprit même sont pleins d'une outrecuidance véhémente justifiée par cette affirmation que l'on pense et agit comme un instru­ment, sous l'inspiration du Divin. On met en avant, de façon progressive, des idées qui peuvent être valables pour le mental, mais qui ne sont pas spirituellement valables ; et pourtant on les affirme comme si elles étaient des abso­lus spirituels. Par exemple l'équanimité qui dans ce sens — car la samatâ yoguique est tout autre chose — n'est qu'un simple principe mental, la revendication d'une indépendance sacrée, le refus d'accepter qui que ce soit comme gourou, ou encore le fait d'opposer le Divin au Divin humain, etc. Toutes ces idées que le mental et le vi­tal peuvent adopter comme positions et transformer en principes qu'ils essaient d'imposer dans la vie religieuse et même dans la vie spirituelle, mais qui ne sont pas spiri­tuelles de nature et qui ne peuvent pas l'être.
Il commence aussi à venir du plan vital des suggestions, un pullulement d'imaginations romantiques, fantaisistes ou ingénieuses, d'interprétations cachées, de pseudo­intuitions, de prétendues initiations en des choses de l'au-delà qui excitent ou obnubilent le mental et sont souvent présentées de telle sorte qu'elles magnifient l'ego et le sen­timent de sa propre importance, mais qui ne sont fondées sur aucune réalité spirituelle ou occulte bien établie et véritable. Cette région est pleine d'éléments de ce genre et, si on le leur permet, ils s'accumulent sur le sâdhak, mais si celui-ci veut sérieusement atteindre le Suprême, il suffit qu'il les observe et passe son chemin.
Cela ne veut pas dire qu'il n'y ait dans ces choses au­cune vérité, mais pour une qui est vraie, il y en a neuf qui sont des imitations ou des faussetés ; seul un occultiste bien entraîné et doué du savoir-faire infaillible que donne une longue expérience peut s'orienter dans cette zone sans trébucher et sans être pris dans le labyrinthe. Toute l'atti­tude, toute l'action, toute l'expression peuvent être telle­ment surchargées des erreurs de cette zone intermédiaire que poursuivre cette route serait s'écarter bien loin du Divin et du yoga.
À ce stade, le sâdhak est encore libre de choisir entre suivre les indications fort mêlées qu'il reçoit au milieu de ces expériences et accepter de suivre le véritable guide. Chacun de ceux qui pénètrent dans le royaume de l'expérience yoguique est libre de suivre son propre che­min, mais notre yoga n'est pas un chemin que n'importe qui puisse suivre ; il est seulement pour ceux qui cherchent à en atteindre le but et qui suivent la voie sur laquelle un guide sûr est indispensable. Il serait oiseux pour quiconque de s'imaginer qu'il peut suivre cette route bien loin — moins encore jusqu'au bout — en ne comptant que sur sa propre force et sa propre connaissance intérieures sans recevoir les aides et les influences authentiques. Même les yogas ordinaires pratiqués depuis longtemps sont difficiles à suivre sans l'aide du gourou ; dans celui-ci où, à mesure que l'on progresse, on traverse des régions inexplorées, des pays inconnus où tout est enchevêtré, c'est absolument impossible.
Quant au travail qu'il faut y faire, il ne convient pas à n'importe quel sâdhak engagé sur n'importe quelle voie ; ce n'est pas non plus le travail du Divin « impersonnel » qui, d'ailleurs, n'est pas une Puissance active, mais sou­tient impartialement tout le travail de l'univers. C'est un terrain d'entraînement pour ceux qui devront parcourir la route difficile et compliquée de ce yoga et de nul autre. Ici tout travail doit se faire dans un esprit d'acceptation, de discipline et d'abandon, non pas en posant des condi­tions et des exigences, mais en se soumettant consciem­ment et avec vigilance aux directives et instructions re­çues. Fait dans n'importe quel autre esprit, le travail conduit à un désordre, une confusion et un trouble de l'atmosphère qui n'ont rien de spirituel. Dans ce yoga aussi erreurs et trébuchements sont fréquents, car les gens doivent s'y laisser conduire patiemment — en laissant une certaine place pour leur propre effort et pour l'expérience — hors de l'ignorance propre à la Vie et au Mental vers un esprit plus large et une connaissance lumineuse. Le danger d'errer sans guide dans les régions de l'autre côté de la frontière est que les bases mêmes de notre yoga peu­vent être attaquées et que les conditions dans lesquelles le travail peut se faire risquent de disparaître complètement. La transition par cette zone intermédiaire — transition qui n'est pas obligatoire car il y en a beaucoup qui pas­sent par une voie plus étroite mais plus sûre — est un pas­sage crucial ; ce qui en émerge a des chances d'être une création riche et très vaste, mais lorsqu'on s'y embourbe, il est difficile et pénible de s'en dégager, et on ne peut le faire qu'après une longue lutte et de grands efforts.

Sri Aurobindo, Extraits du recueil « On Yoga ».

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